6 mars 1978
Mon manteau est si triste que l’écharpe noire ou grise que je mettais toujours, il me semble que mam. ne l’aurait pas supportée et j’entends sa voix me disant de mettre un peu de couleur.
Pour la première fois, donc, je prends une
écharpe de couleur (écossaise).Roland Barthes – journal de deuil
6 mars 1979. […]
Question : l’artiste isolé, celui qui n’ aime personne, n’est pas marié ou, en tout cas, pas heureusement marié, est-il obsédé par des rêves de normalité..? Il ou elle en veut-il au prétendument « normal », et considère-t-il la vie artistique comme une sorte de sacrifice héroïque (ou involontaire) ? Jongler entre la «normalité » et l’«extraordinaire » n’est pas aussi difficile qu’on pourrait le penser, de l’intérieur. Mais c’est comme vouloir de l’argent quand on n’en a pas, j’imagine, ou vouloir qu’on vous aime quand personne n’est disponible ou intéressé… on a tendance à accorder du prix à ce qui manque, à en exagérer la valeur. High-Wire Artist’ , l’artiste funambule : une exagération de
certaines tendances que j’observe chez moi et chez d’autres. Souhaiter être isolé (c’est-à-dire « supérieur »)… mais souffrir en même temps d’une diminution de son humanité… Plus l’investissement spirituel dans une œuvre est intense, moins la vie elle-même peut être vécue intensément. Et pourtant…! Le numéro de corde raide a de l’attrait. C’est uniquement sur cette corde que la vie (vue déformée, de très loin) acquiert son étrange valeur sentimentale, parce que hors d’atteinte. Le pouls vibre sur la corde raide, cela exige une attention douloureuse de chaque instant.Joyce Carol Oates – journal
6 mars 2026
Le ciel est gris... l'humeur est grise... hier, au cours de dessin on a travaillé le noir et blanc à l'acrylique... le noir, le blanc, et les gris... une myriade de nuances...
C.D - journal de mes petits riens
