13 octobre 1894
«Il n’y a pas une tentation que Dieu vous ait envoyée, qui n’ait été humaine; et Dieu qui est juste vous donne aussi la force pour les surmonter.» Les pensées sont des tentations ; ce sont celles qui nous viennent de Dieu ; non tant que Dieu nous les envoie : elles naissent de la recherche même de Dieu. Ce sont celles-là qu’il faut surmonter, puisqu’elles sont d’ailleurs surmontables. Les autres tentations, que l’on nommerait plus proprement des désirs, et qui ne nous viennent pas de Dieu, mais, au contraire, quand nous regardons Dieu, viennent nous assaillir par derrière et nous détournent de sa contemplation, celles-là, je ne les crois pas toutes supprimables, et je ne comprends pas en quoi il peut être bon de chercher trop et trop longtemps à les étouffer toutes ; du moins à le chercher plus longtemps qu’il ne sied pour une certaine gymnastique de la volonté : et cela seulement durant la jeunesse; car, sinon, elles nous occuperaient trop et prendraient trop d’importance. On ne s’en débarrasse pas, l’âme qui d’abord y prenait de la force,
bientôt ensuite s’y épuise. Ce sont des désirs naturels, et, lorsque l’âme jeune y aura résisté assez longtemps pour y prendre des droits de fierté, son soin doit être de les faire taire , ou d’en profiter, car il y a profit aux désirs, et profit au rassasiement des désirs ; mais ce qui n’est pas bon, c’est d’exciter les désirs par une trop longue résistance ; car l’âme en est très dérangée.André Gide – journal tome 1
13 octobre 1933
[…]
Mon pauvre journal, je suis tellement en colère contre toi !
Je te déteste! Le plaisir que je prends à me confier à toi a rendu l’« artiste » paresseuse. C’est une joie si facile d’écrire ici – si facile. Et aujourd’hui j’ai vu à quel point le journal faisait barrage à mes romans : je te raconte les choses d’une manière si relâchée, sans soin ni art. Tout le monde t’a détesté. Tu as gêné le développement de l’artiste, mais tu as permis à l’être humain de rester en vie. Je t’ai créé parce que j’avais besoin d’un ami. Et, en parlant avec cet ami, j’ai gâché ma vie. Et pourtant, si je ne t’avais pas toujours considéré comme le seul à t’intéresser à ce qui m’arrivait, je n’aurais pas écrit du tout parce que confrontée au monde – à ce monde qui me semblait n’apporter que chagrins – j’en aurais été incapable[…]
Anaïs Nin – journal de l’amour
13 octobre 2025
C'est un lundi et le lundi une liste surgit, celle de toutes ces tâches reportées d'un jour sur l'autre durant la semaine précédente. En tête de liste, l'atelier d'écriture pour jeudi. Et mes yeux m'empêchent de travailler longtemps sur l'ordinateur...! Nausée oblige je vais travailler à l'ancienne... avec et sur du papier
C.D - journal de mes petits riens
