Auteur : claudinedozoul76

  • 5 septembre

    Les premiers jours de septembre fréquentent peu les journaux personnels que j'ai à ma disposition. Et, à y bien regarder, peu d'auteurs ont fait de leur journal un quotidien, même si les jours y sont datés. C'est une astreinte dure à tenir. Je ne suis pas sûre d'y arriver moi-même... 
    C.D

  • 4 septembre

    Mauvaise préparation en amont... pas de texte écrit par un homme à cette date malgré la consultation d'une dizaine de journaux d'auteurs. Je n'ai pas encore tous les livres listés sous la main. Mais en attendant je propose l'extrait suivant de Roland Barthes dont j'attends le journal du deuil, extrait d'une réflexion sur les journaux personnels et/ou intimes. A cette étape je constitue encore ma bibliothèque de journaux d'auteur.rice.s. La recherche passionnante est fastidieuse...
    C.D

    conservés et numérisés à la Smithsonian Institution

    Du fragment au journal
    Sous l’alibi de la dissertation détruite, on en vient à la pratique régulière du fragment; puis du fragment, on glisse au « journal ».
    Dès lors le but de tout ceci n’est-il pas de se donner le droit d’écrire un « journal »? Ne suis-je pas fondé à considérer tout ce que j’ai écrit comme un effort clandestin et opiniâtre pour faire réapparaître un jour, librement, le thème du « journal » gidien?
    A l’horizon terminal, peut-être tout simplement le texte initial (son tout premier texte a eu pour objet le Journal de Gide).
    Le « journal » (autobiographique) est cependant, aujourd’hui, discrédité. Chassé-croisé: au xvi siècle, où l’on commençait à en écrire, sans répugnance, on appelait ça un diaire : diarrhée et glaire.
    Production de mes fragments. Contemplation de mes fragments
    (correction, polissage, etc.). Contemplation de mes déchets (narcissisme)


    Roland BarthesRoland Barthes par Roland Barthes

  • 3 septembre

  • 2 septembre

    2 septembre 1940 J’ai écrit, et suis prêt à récrire encore, ceci qui me parait d’une évidente vérité : « c’est avec les beaux sentiments qu’on fait de la mauvaise littérature’. » Je n’ai jamais dit, ni pensé, qu’on ne faisait de la bonne littérature qu’avec les mauvais sentiments. J’aurais aussi bien pu écrire que les meilleures intentions font souvent les pires œuvres d’art et que l’artiste risque de dégrader son art à le vouloir édifiant. Je n’ai garde d’ajouter: toujours ; l’exemple de Péguy m’en empêche; mais, outre que je trouve fort médiocres (pour parler avec modération) ses vers d’Eve si souvent cités, je tiens que ceux qui les admirent quittent le domaine de l’art et se placent à un point de vue tout différent; celui du prêtre ou du général de division ne saurait être celui du poète que très accidentellement. Il n’en reste pas moins qu’une littérature peut être plus ou moins virile et virilisante, et que la notre, dans son ensemble, ne l’était point.
    Elle avait d’autres qualités, et qu’elle risque de perdre si, par mot d’ordre ou besoin, elle cherche à acquérir facticement celles qui ne lui sont pas naturelles.
    Que, pour un temps, l’art de Clodion ou de Carpeaux soit moins prôné que celui de Rude ou de Barye, il se peut; mais c’est fausser le jugement que coter l’art d’après son rendement’ moral.

    André Gide – journal tome II – 1926-1950

    2 septembre 1937 – Avec l’écriture, voici comment ça se passe. On se dit : « Je me sens bien, trop bien. Je n’ai pas besoin d’écrire. Je veux vivre. » Intérieurement, on jouit de la vie. Une vie sans mots sans écho, sans double. Et puis, un beau jour, sans raison, la vie se coupe en deux: «être» d’un côté, « formuler» de l’autre. Comme si un film se tournait à l’intérieur du cerveau et je me mets à écrire dans ma tête. Ce n’est ni de l’analyse, ni de la méditation, c’est de l’écriture. Je prends conscience, à chaque phrase, de l’importance de la formulation (c’est comme une découverte), ce qui s’accompagne d’un désir anxieux de tout saisir, de tout capturer. Cela vous tombe dessus sans prévenir, comme une fièvre, et disparaît comme une fièvre. Et cela se distingue de toute autre forme d’activité.
    Tout ce mois-ci, j’ai écrit dans ma tête et je cerne de plus près ce que je dois faire. Je connais mon rôle. Je sais que d’une façon bien distincte de celle de l’homme, je sens et sais ce que je ressens. Je sais que je possède une oreille aussi fine que celle de Proust pour les nuances, mais aussi un sens dramatique, une dynamique, qu’il n’avait pas. Je sens que je peux deviner le poids d’une phrase aussi subtilement que lui, tout en courant, en sautant. Je sais ce que je dois faire.
    Mais je ne veux pas commencer, parce que la vie est douce, que la paresse est douce et que je préfère m’asseoir pour revivre ma dernière nuit avec Gonzalo, pour ressentir encore dans mon ventre sa puissance soudaine, la force de son désir, la dureté de son sexe, juste au moment où j’évoquais dans mon journal sa relative faiblesse. Je suis capable de stimuler sa force

    Anaïs Nin journal de l’amour 1932-1939

  • 1er septembre

    Samedi 1ª septembre 1877Je suis beaucoup toute seule, je pense, je lis sans guide aucun. C’est peut-être bien, mais c’est peut-être mal aussi.
    Qui me garantit que je ne suis pas pavée de sophismes et remplie d’idées erronées! C’est de quoi on jugera après ma mort.

    Marie Bashkirtseff – journal 1873-1877

    1er septembre 1914Ecrit à peine deux pages dans un désarroi total. Quoique j’eusse bien dormi, j’ai perdu aujourd’hui beaucoup de terrain. Mais je sais que si je veux passer des souffrances inférieures de la création littéraire – qui est maintenue en esclavage, ne serait-ce que par le reste de ma vie – à la liberté plus haute qui est peut-être en train de m’attendre, je n’ai pas le droit de céder. Comme je le constate, la vieille apathie ne m’a pas encore quitté et la sécheresse de cœur ne me quittera peut-être jamais. Le fait que je ne recule devant aucune humiliation peut signifier qu’il n’y a rien à espérer tout comme il peut me donner de l’espoir.

    Franz Kafka – journal

  • Nourritures clandestines

    Ce n’est pas Monet, un effet du soir et

    Une levée de rideau sur les merveilles de l’indignation :

    Toutes ces bouches à nourrir !

    C’est renversant !

    L’œil en tire la langue

    .

    Là où les pas mènent

    Mutations de Noël

    Repas raffinés

    Nourritures clandestines

    Croissant de courge effrayant

    .

    Renardo ré mi fa sol

    Cheval de Troyes urbain

    Entrent :

    Une roue … de la lecture…

    Un phasme … et une Mante … une religion ?

  • Avec ta langue de gecko

    De lézard vert et de gourmand

    Tu faisais un avec la terre

    Tu faisais un avec la mer

    .

    Mère cornue mais nourricière

    Dans une maison de chiffon

    Crypte au pied de quelque sépulcre

    Ascension pour la rédemption ?

    .

    Le sexe du père Noël à neuf heures

    Pour des naissances multiples de perles

    Légères comme le duvet d’eiders

    Est-ce menaces pour la république ?

    .

    Le corps a ses mystères

    Crucifié sur un arbre

    Il saute ou il pédale ?

  • C’est l’heure …

    Prince brillant de la nuit

    Ancêtre du tout à l’égout

    Stop ! Ne chatouillez pas l’électronique !

    C’est l’heure du bain d’un farfadet impatient

    L’heure du monstre du bassin

    Même le roi ne peut cacher son âge avec une moumoute sur la tête

    Saint Phallus priez pour nous !

    C’est la fin du voyage !

    Les bosquets sont en ombres chinoises

    Les murmures, oulipiens

    Les fusettes, en folie domestique

    Les fleurs de courgettes, dorées à l’or fin (ou faim ?)

    Et l’equidae, fier et solitaire.

    Engrangez donc les bassins !

  • Tambours et médailles

    Marc Antoine Troletti, notre rendez-vous au 105…

    J’irai dormir dans le paradis vert

    Et je te pustulerai

    Evaluons ensemble le degré du péché de gourmandise

    Chez un couple branché

    Ni tuber, ni buter mais butiner en couleurs

    .

    Olympiade des Dieux cornus

    Il y a encore de la place pour les miens,

    Je fournirai la terre

    Les galets en rient

    Derrière les murs une paix

    Luxueusement automnale

    .

    Ils portent de la philo

    Réveillent les consciences

    Le blanc ne cache que ce qu’il couvre

    Ni l’ombrelle de la Petite Poucette

    Ni le minaret – mine de rien !

    Soyons de l’or loin du foot !

  • Images en symbioses…

    Fretins de belle taille incarcérés

    Rêve de vol libre

    C’est l’heure des jacquemarts

    Le ciel pique un phare

    La capucine et l’oiseau

    Sur les fenêtres fantômes

    Tableau de chasse d’un mycologue

    A Lyon – qui n’est pas New-York et pourtant…

    Du rouge en terrasse ?

    Qu’importe ! Une souche ? Et l’âge monte en couleur

    Pyramide humaine de la terre jusqu’au ciel

    Surtout ne pas dérailler !

    … puis un sommeil de marbre