19 novembre 1913
La lecture du Journal m’émeut. Est-ce parce que je n’ai plus la moindre sécurité dans le présent ? Tout m’apparaît en tant que construction. La moindre remarque d’un autre, le moindre spectacle vu par hasard bouleverse tout en moi, même les choses oubliées, même les choses totalement insignifiantes. Je suis plus vacillant que jamais, je ne sens que la violence de la vie. Et je suis vide, absurdement. Je suis vraiment comme une brebis perdue dans la nuit et la montagne, ou comme une brebis qui court après cette brebis. Être aussi perdu et n’avoir pas la force de le déplorer […]Franz Kafka – journal
19 novembre 1989
Je pense à ma façon d’aimer S. : «Aimer, c’est passer le doigt sur cette courbe des hanches», etc. Elle ne peut que s’inscrire dans une histoire, mon histoire et l’Histoire. Et aussi parce que S. était l’aboutissement de quelque chose.
La phrase de Grossman en exergue [Elle eut soudain l’impression fugitive qu’elle était sur le point de réunir la journée présente, les paroles de l’homme d’aujourd’hui, de l’homme qu’elle était en train d’embrasser, avec le temps passé et qu’alors elle comprendrait les cheminements secrets de sa vie et qu’elle verrait ce qui doit rester interdit au regard, les profondeurs de son propre cœur, où se joue la destinée.]
(Même si je lui avais dit cette phrase de V. Grossman (à S.], il n’en aurait pas compris toute la force, les remous en moi – c’est pour ça que j’écris, pour qu’il comprenne) soit seul, avec elle, soit en polyphonie. […]Annie Arnaux – l’atelier noir
19 novembre 2025
Hier soir, une fuite d'eau au compteur... j'ai pensé Métaphore et peut-être même Allégorie... il se promène tant de chiffres dans ma tête... et tant de mots s'en échappent... certains se frayent un chemin jusqu'à la feuille de papier...
C.D - journal de mes petits riens

Laisser un commentaire