25 octobre 1982.
Belles journées productives, tour à tour surchargées et sereines. Aujourd’hui, toute la journée, je travaille à Winterthur. (Une pluie froide sinistre. Mais à l’extérieur – les feuilles, j’entends, l’air humide mélancolique, la solitude.) Si j’éprouve une tension concernant le roman, c’est parce que, si inévitablement, si typiquement, il devient trop long ; et cependant l’histoire exige son espace et sa forme, ses propres rythmes… Mais tout cela est évident. Tout cela a déjà été dit.
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…. Année très paisible et très clémente, côté prix
Nobel : aucune rumeur sauf une, plutôt prévisible (CBS demandant par l’intermédiaire du Département si je serais disponible pour une conférence de presse au cas où…). Sinon, rien ; et je suis très contente du choix de Marquez, si Nadine Gordimer doit une fois encore (parce qu’elle est une femme ?) être écartée. Il semble de plus en plus ridicule que ma candidature ait jamais été prise au sérieux – que, l’an dernier, le bruit ait couru que je faisais partie des sélectionnés. Mon Dieu ! quelle tempête de protestations, quelles cruelles attaques j’aurais essuyées, si j’avais remporté ce prix problématique, car je suis un écrivain « controversé», c’est le moins qu’on puisse dire… Ce qui signifie que bon nombre de gens détestent cordialement ce que j’écris ; et parmi eux figurent certains critiques très brillants, intelligents, éloquents et influentsJoyce Carol Oates – journal
Samedi 25 octobre 1980.
Vents violents, je suis resté au coin de la rue vingt-cinq minutes avant de trouver un taxi. Sean McKeon, le mannequin de chez Wilhelmina, a appelé du Japon. C’était dimanche, là-bas. Bob travaillait sur les Dix Hommes hétéro, pour le dîner de São, qu’il avait promis. Toujours à la recherche de types hétéro. Tous les hétéros ont annulé. J’imagine qu’ils ne sortiront pas avec nous sans Richard Weisman et les athlètes. Déposé Rupert (taxi $6,50).
Bob a sonné à la porte, il avait une limo avec São dedans. Nous sommes allés chez Hélène Rochas et Kim d’Estainville à l’Olympic Tower, prendre un verre.
Il y avait du vent. São venait d’aller chez le coiffeur, elle a dit qu’elle ne vivrait jamais ici parce que quand on ouvre la porte, le courant d’air est tellement fort que ça fiche votre coiffure en l’air. Elle a ajouté qu’elle connaissait deux femmes qui étaient parties à cause de ça. Alors, nous avons dû entrer avant elle pour demander au type de fermer la porte intérieure. Ça a fait tomber le vent, elle est entrée.
Ensuite nous sommes allés dîner au 65 Irving. Nous avons pris Franco Rossellini au coin, dans notre limo. Nous avons crié : « Mary ! » il ne nous a pas entendus. Et puis : « Reine du porno! », il ne nous entendait toujours pas.
Il portait une cape, finalement, il nous a vus. Il avait dit à Bob un peu plus tôt qu’il se retirait de la production parce qu’il avait gagné beaucoup d’argent avec Caligula.Andy Warhol – journal
25 octobre 2025
Les tilleuls jaunissent et le sol est couvert de leurs feuilles. Tapis glissant sous la pluie. Le vent s'est calmé qui me rend plus sereine. Mais l'envie de lire ne m'est toujours pas revenue, ni celle d'écrire. Alors je prépare mon nid pour cet hiver.
C.D - journal de mes petits riens

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