21 octobre 1941, après dîner.
Processus lent et douloureux que cette naissance à une véritable indépendance intérieure. Certitude de plus en plus ferme de ne devoir attendre des autres ni aide, ni soutien, ni refuge, jamais. Les autres sont aussi incertains, aussi faibles, aussi démunis que toi-même. Tu devras toujours être la plus forte. Je ne crois pas qu’il soit dans ta nature de trouver auprès d’un autre les réponses à tes questions. Tu seras toujours renvoyée à toi-même. Il n’y a rien d’autre. Le reste est fiction.
Mais c’est dur d’être ramenée sans cesse à cette vérité.
Surtout en tant que femme. Quelque chose te poussera toujours à te perdre dans un autre, dans « l’être unique ».
Encore une fiction – une belle fiction, certes. Deux vies ne sauraient coïncider. Pour moi, en tout cas. Tout au plus connaît-on quelques moments de communion. Mais ces moments justifient-ils une association pour la vie ? Suffisent-ils à cimenter une vie commune ? Il y a aussi, tout de même, un sentiment fort. Et parfois heureux. Seule.
Mon Dieu. Mais dure. Car le monde reste inhospitalier.
Mon cœur est plein de passion, mais jamais pour un seul être. Pour tous. C’est un cœur très riche, semble-t-il.
Autrefois je me voyais donnant ce cœur, un jour, à une seule personne. Mais c’est irréel. Et lorsqu’on découvre à vingt-sept ans des « vérités » aussi dures, cela vous remplit parfois de désespoir, de solitude et d’angoisse, mais vous donne aussi un sentiment d’indépendance et de fierté.
Je suis confiée à ma seule garde et devrai me suffire à moi-même. L’unique critère dont on dispose, c’est soi-même. Je ne cesse de le répéter. Et l’unique responsabilité dont tu pourras te charger dans cette vie, c’est celle de ta personneEtty Hillesum – Une vie bouleversée
Mercredi 21 octobre 1987
J’ai été tellement occupé ce deux derniers jours que je n’ai pas
eu le temps d’écrire. Réunions très importantes de quatre heures lundi et mardi avec l’équipe du Pop Shop de Tokyo, pour décider de tous les produits à faire ici et de ce qu’il faudra faire envoyer de New York. Le plus difficile est de décider de ce que nous n’allons pas faire, puisque il y a tellement d’options possibles. Tout semble rouler. J’ai rencontré un fabricant de lunettes qui semble intéressé par l’idée d’une collaboration avec moi. Ils font des articles de très grande qualité et étaient très excités à l’idée de travailler avec moi. Nous devons encore régler les questions d’argent, bien sûr.
Quelqu’un a volé un tableau de Picasso aujourd’hui dans une galerie de Ginza. Il a tué le propriétaire de la galerie pour pouvoir le voler et s’enfuir. Incroyable !
Aujourd’hui j’ai été dans une immense imprimerie pour voir ce qu’ils faisaient. Elle était incroyablement grande et capable de faire tout ce dont je pouvais rêver. Tatouages, pop-ups, hologrammes, sacs en vinyle, livres animés, etc., tout ! C’est très excitant de voir la qualité de ce qu’ils réalisent. J’ai hâte de commencer.
Keith Haring – journal
21 octobre 2025
Depuis quelques jours je me dis qu'il faut que je range la bibliothèque, que je rajoute une étagère pour les journaux intimes... je me le dis... mais ne le fais pas... ou si peu. Peut-être aujourd'hui... est-ce que le fait de l'écrire va m'inciter à passer à l'acte?
C.D - journal de mes petits riens

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