16 octobre 1921
Dimanche. Le malheur d’un perpétuel commencement, le manque d’illusions sur le fait que tout n’est jamais que commencement et pas même commencement, la folie des autres qui ne savent pas cela et jouent au football, par exemple, pour aller de l’ »avant », votre propre folie enfouie en vous comme dans un cercueil, la folie des autres qui voient là un cercueil réel, c’est-à-dire un cercueil qu’on peut transporter, ouvrir, détruire, échanger contre un autre […]
Franz Kafka – journal
Mercredi 16 octobre 1935
Ce que j’ai découvert en écrivant Années, c’est qu’on n’atteint à la comédie qu’en utilisant la couche superficielle; par exemple, la scène sur la terrasse. La question est celle-ci : puis-je atteindre à des couches différentes en faisant intervenir la musique et la peinture en rapport avec certains groupes de personnes ?
C’est cela que je voudrais tenter dans la scène du raid, les laisser aller et réagir les uns sur les autres ; la peinture, la musique, et l’autre tendance: l’action ; je pense à la répercussion d’un caractère sur un autre, tandis que le mouvement (je veux dire le changement d’émotions pendant que le raid se poursuit) continue. En tout cas, j’ai découvert dans ce livre la nécessité des contrastes.
Une seule des stratifications ne peut être développée intensément comme je l’ai fait, je crois, dans Les Vagues, sans causer un préjudice aux autres. De là, une forme d’expression correspondant aux dimensions de l’être humain, et qui, je l’espère, s’impose. Il faudrait arriver à percevoir un mur qui serait fait de toutes les influences. Ce mur, au dernier chapitre, se fermerait autour des personnages lors de la réception, de sorte que l’on comprendrait qu’il s’est complété de lui-même, tandis que chacun continuerait à exister individuellement. Mais je n’en suis pas encore là. Je m’occupe ce matin de Crosby, une des scènes majeures. Le reste qui consiste à aller d’une scène à l’autre me prouve que c’est, du moins pour moi, l’ordre logique.
Et j’aime cet ordre, dépouillé de la tension que j’ai endurée dans Les Vagues.Virginia Woolf – journal d’un écrivain
16 octobre 2025
Cette phrase au réveil : "Je badine avec le spleen", elle me poursuit encore à presque midi
C.D - journal de mes petits riens

Laisser un commentaire