14 octobre 1981.
[…] L’énergie et la passion remarquables de ces journées d’automne : un délice pour les yeux… presque éblouissant, cette beauté… érables et frênes et cornouillers (les cornouillers, surtout)…Nous avons fait de longues promenades à Bayberry Hill, et dans Titusville, le long de la Delaware; et dans les champs autour de Hopewell. Pourquoi ai-je toujours ce désir, toujours et à jamais: Si seulement cette saison pouvait ne jamais passer.
Si fatigant, par comparaison, certaines conversations récentes. Les angoisses sexuelles de messieurs d’un certain âge, dont je ne ferai pas la liste, l’autre soir chez les Keeley : joutes, mots d’esprit forcés, allusions, apartés: un sujet familier, par conséquent méprisable.
Ces plaisanteries tournent autour de ce qu’il faut supposer être le sentiment d’une virilité défaillante; ou une virilité défaillante tout court. Ce qu’une femme ne peut précisément savoir, c’est si la présence de femmes (en l’occurrence, des épouses « amusées » et tolérantes) provoque ce genre d’exhibition; ou (Dieu merci) l’inhibe…
Tristement ennuyeux parce que si familier; parce que cela bloque toute discussion sérieuse; parce que c’est un cri du cœur, nous vieillissons, nous avons peur de la mort, exprimé d’une façon si adolescente et si stupide qu’il est impossible de réagir avec sympathie….Joyce Carol Oates – journal
Paris, 14 octobre 1855
Parti pour Paris à midi. Le matin,
été à la jetée pendant qu’on faisait les paquets. J’étais arrivé
à Dieppe avec ravissement ; j’en pars avec plaisir ; étrange
disposition : une fois que j’eus arrêté le jour de mon départ,
j’eus presque hâte de retourner à Paris. J’ai un grand désir
de travailler. Ce mouvement, cette variété de situation et
d’émotion donne à tous les sentiments plus de vivacité ; on
résiste mieux, en variant son existence, à l’engourdissement
mortel de l’ennui.
J’étais, de Dieppe à Rouen, avec trois Anglais, jeunes
tous les trois ; et comme je voyageais en première classe, il
y avait lieu de penser qu’ils étaient aisés. Ils étaient très
négligés, un d’eux surtout qui l’était jusqu’à la malpropreté
et jusqu’à avoir des habits déchirés. Je ne m’explique pas ce
contraste si tranché avec leurs habitudes d’autrefois ; je l’ai
remarqué dans le voyage que j’ai fait à Baden, de
Strasbourg ; un des jours qui ont suivi celui-ci, pendant que
je faisais mon examen des tableaux, je rencontrai lord
Elcoë, notre vice-président, dans une tenue presque sale ; le
bon Cockerell, qui m’a accompagné jusqu’à la place
Louis XV un autre jour, avait une cravate de couleur très
commune ; ils sont tout à fait changés ; nous avons pris
beaucoup, au contraire, de leurs manières d’autrefois.Eugène Delacroix – journal
14 octobre 2025
Petit voyage urbain en bus... la vigne vierge est flamboyante qui dégouline sur les murs, retenant ainsi la morosité de ce matin d'automne. Le bus est très occupé par des passagers qui hésitent encore à sortir les fringues du froid... Je dois être la plus couverte d'entre nous...
C.D - journal de mes petits riens

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