7 octobre 1905
J’achève péniblement, et galopant, sautant des pages, cette absurde Fanny de Feydeau que j’avais commencée il y a plus d’un mois. Rien n’empêchait ce livre d’être un beau livre — que l’auteur. Tirades amoureuses très voisines déjà de celles de Dumas Fils, et presque aussi mauvaises. Une espèce de « croyance à l’amour» qui est bien une des plus stupides et ridicules inventions de notre littérature.[…]
André Gide – journal tome
Samedi 7 octobre 1939
Étrange, que ces premiers jours de vide absolu, quand la guerre a éclaté, aient fait place à une telle surcharge d’idées et de travail. Et que je retrouve le même battement douloureux, le même tourbillon dans ma tête, mais plus épuisants encore qu’ils ne l’étaient. C’est dû en partie au fait que je me suis remise au journalisme.
Une heureuse décision, si j’ose dire, car elle me force à me concentrer, à m’organiser. Je rassemble avec autorité les chapitres épars de Roger parce que je sais que je dois m’arrêter et faire mon article. Les idées d’articles m’obsèdent. Pourquoi ne pas proposer celui-ci au Times? Aussitôt dit, les idées s’emparent de moi. Je dois me cramponner à la forteresse Roger, car le livre achevé doit être dactylographié et entre les mains de Nessa pour Noël, absolument.Virginia Woolf – journal d’un écrivain
7 octobre 2025
Des projets pour cette journée qui ne se passera pas comme prévue et qui me rappellera ce que peut être l'attente. Longtemps elle me mettait dans des rages incontrôlables... je m'en souviens et souris de la vanité de ces rages. Maintenant que le temps ne se compte plus (ou alors à rebours) l'attente a pris une autre couleur. De pourpre, elle s'est pastellisée... il y a en elle une certaine douceur de vivre.
C.D

Laisser un commentaire