29 septembre 1911
Journal de Goethe. Une personne qui ne tient pas de journal est dans une position fausse à l’égard du journal d’un autre, S’il lit, dans le Journal de Goethe par exemple: « 11.1.1797. – Passé toute la journée chez moi à prendre diverses dispositions », il lui semble qu’il ne lui est encore jamais arrivé de faire aussi peu de choses dans une journée.[…]Kafka – journal
Dimanche 29 septembre 1940
Une bombe est tombée si près que j’ai vitupéré L. pour avoir claqué une fenêtre. J’écrivais à Hugh et la plume a sauté de mes doigts. Le raid continue. C’est comme un chien de berger coursant un renard hors du troupeau. Vous les voyez japper et mordre, et le maraudeur lâche un os — une bombe — sur Newhaven — et se sauve. Fin d’alerte. Partie de boules. Les villageois sur le pas des portes. Froid. Tout maintenant redevient familier. Je pensais, entre autres choses, que cette vie est une vie de paresse. Petit déjeuner au lit. Bain. Les ordres pour le déjeuner. Je vais au pavillon. Après un arrangement de mon bureau (table orientée pour avoir le soleil, église à droite, fenêtre à gauche, une vue nouvelle et ravissante) mise en train avec une cigarette.
J’écris jusqu’à midi. Arrêt. Visite à L., coup d’œil aux journaux ; retour au pavillon, machine à écrire jusqu’à une heure. Radio. Déjeuner. Mâchoire douloureuse qui m’empêche de mastiquer. Lecture des journaux ; promenade jusqu’à Southease. Retour à trois heures.
Ramassage des pommes que je range ensuite. Thé. J’écris une lettre. Partie de boules. De nouveau, dactylographie. Je lis Michelet, ou j’écris ce journal. Je prépare le diner. Musique. Broderie. A neuf heures trente, je lis ou somnole jusqu’à onze heures trente. Lit. Je compare cela avec les journées d’autrefois à Londres.
Trois après-midi de suite, nous avons eu des visites. Et un soir, un diner. Samedi, une promenade, Jeudi, des courses. Mardi prochain, je prends le the avec Nessa.
Virginia Woolf – journal d’un écrivain
29 septembre 2025
La ville est bruyante. Bruyante à cause des feuilles mortes... plus de balais, plus de pelles.. les feuilles mortes ne se ramassent plus à la pelle. Mais avec un souffleur qui ronfle et emplit l'espace sonore. Et quand il s'arrête il y a un ersatz de silence.
C.D

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