Jeudi 14 septembre 1989
Préparation d’une leçon de vocabulaire. Dans la Grammaire d’Hamon pour classes de quatrième, ces listes de mots empruntés à différentes langues :
- Viennent de l’italien : caporal, colonel, gondole, frégate, arcade, baldaquin, balcon, opéra, sonate, mandoline, madrigal, caleçon, poltron, faillite, aquarelle…
- Viennent des langues scandinaves : étrave, lune, cingler, homard, slalom…
- Viennent de l’espagnol : camarade, toréador, matamore, guitare, duègne, alcôve, algarade, vanille, cigare…
Mais les mots empruntés au gaulois ne sont pas mal non plus, dans leur compacte humilité terrienne : bec, soc, charrue, chemin, arpent, talus, silex, sillon, chêne, boue, bruyère…
Gilles Vigneault a raison : « Quand on connaît le nom des choses, on les possède. »
Du léger au dru, de l’ailé au noueux, quel pouvoir dans les mots ! La grammaire Hamon est un superbe recueil poétique.
Philippe Delerm – journal d’un homme heureux
14 septembre 1976.
Belle journée. Écrit 18 pages de Son of the Morning, le premier chapitre, en suis assez satisfaite même si je vais évidemment en réécrire une bonne partie. […]
Écrit de 9 h 30 à 2 h 45, ma première pause, pris mon petit-déjeuner à ce moment-là, puis commencé à préparer Laing – Sanity, Madness and the Family [L’équilibre mental, la folie et la famille] – et les poèmes de Lawrence. Entre-temps encore lu la Bible,Suis de plus en plus fascinée. Belles voix solitaires comme celle de Romains. Et Isaïe, en partie. Fini saint Augustin dont je me rends compte maintenant que je ne l’aime vraiment pas; ne compte pas relire. Ces histoires avec sa mère sont vraiment la goutte de trop – quel poseur ridicule ! Craignant de s’être montré trop démonstratif parce qu’il a versé une ou deux larmes sur sa mort. Quelle idiotie ! Et quelle influence
obscène a dû avoir « saint» Augustin sur des gens par ailleurs normaux. Dévaloriser invariablement l’humain, n’attribuer grâces, talents et inclination au bien qu’à Dieu… Une attitude plus que malsaine. Sa mère étant une brave femme, Augustin s’empresse de dire que, bien entendu, elle ne l’était que par l’entremise de Dieu, par la faveur divine. Tout est donc offert au Dieu transcendantal et inhumain, et tout ce qui demeure humain est « matériel », entaché de péché. Je hais ce genre de pervers. Je comprends que Nietzsche soit devenu aussi déraisonnable sur le sujet.Bien que nous vivions peut-être le déclin de l’Occident, les derniers jours de l’Empire américain, je ne peux sincèrement pas dire qu’une autre époque ait été supérieure. Vraiment pas. Notre époque est la plus ouverte, la plus aventureuse, la plus excitante ; et la plus saine aussi, quoi qu’en disent ceux qui critiquent notre culture sont des romantiques, ils se font des illusions. Avoir vécu à n’importe quelle autre période de l’histoire, surtout en tant que femme – l’idée est épouvantable.
Joyce Carol Oates – journal 1973-1982
14 septembre 2025
Le seul critère qui préside au choix des textes est la date, titre de l'article. Ensuite j'essaie de varier chaque jour mais parfois c'est compliqué. Il y a des jours où personne n'écrit ... il y a des jours où je n'ai pas envie d'écrire. Je rêve de partir au soleil. Une amie est passée qui a une maison en Espagne. Je rêve de partir en Espagne.
C.D

Laisser un commentaire