Samedi 1ª septembre 1877 – Je suis beaucoup toute seule, je pense, je lis sans guide aucun. C’est peut-être bien, mais c’est peut-être mal aussi.
Qui me garantit que je ne suis pas pavée de sophismes et remplie d’idées erronées! C’est de quoi on jugera après ma mort.Marie Bashkirtseff – journal 1873-1877
1er septembre 1914 – Ecrit à peine deux pages dans un désarroi total. Quoique j’eusse bien dormi, j’ai perdu aujourd’hui beaucoup de terrain. Mais je sais que si je veux passer des souffrances inférieures de la création littéraire – qui est maintenue en esclavage, ne serait-ce que par le reste de ma vie – à la liberté plus haute qui est peut-être en train de m’attendre, je n’ai pas le droit de céder. Comme je le constate, la vieille apathie ne m’a pas encore quitté et la sécheresse de cœur ne me quittera peut-être jamais. Le fait que je ne recule devant aucune humiliation peut signifier qu’il n’y a rien à espérer tout comme il peut me donner de l’espoir.
Franz Kafka – journal
1er septembre 2025
C’est le commencement du journal-agenda. Je ne sais pas encore comment laisser trace en mon nom de chacun des jours que je vais charger d’extraits de journaux intimes d’écrivain.e.s , en fouillant dans le temps et dans l’espace des livres. Un homme et une femme illustreront de leur texte chaque page de mon agenda. Comment être moi-même témoin de ce jour ? Quelle peut-être ma présence, par déduction... quotidienne, en cet agenda ? Je commence avec une myriade de questions et un imbroglio de réponses à démêler. La plus évidente étant donnée par André Gide dans son journal : je n’écrirai jamais que quelque chose
Claudine Dozoul

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