15 décembre 1978
Sur fond de détresse, de panique (harcèlement, tâches, malveillance littéraire), boule de chagrin qui monte :
1) Beaucoup, autour de moi, m’aiment, m’entourent, mais aucun n’est fort: tous (nous sommes tous) fous, névrosés – sans parler des lointains genre RH. Seule mam. était forte, parce qu’elle était intacte de toute névrose, de toute folie.
2) J’écris mon cours et en viens à écrire Mon Roman. Je pense alors avec déchirement à l’un des derniers mots de mam. : Mon Roland! Mon Roland!
J’ai envie de pleurer.
[Sans doute je serai mal, tant que je n’aurai pas écrit quelque chose à partir d’elle (Photo, ou autre chose).]Roland Barthes – journal de deuil
Le [dimanche] 15 décembre 1918, à Paris.
L’aventure!
Hélas, il n’y a rien, mon cœur tourne à vide.
J’ai beau me promener, dans la nuit et le jour, c’est le même ennui, la même peine. En quête d’amour, je l’avoue bien maintenant.
Paris qu’illuminent les visites présidentielles ?, où l’armistice suspend l’ordre de la réjouissance, aussi tragique pour ceux qui souffrent qu’une guerre éternelle.Car au moins la guerre permettait les larmes, et les respectait. Mais sur la foire, sur le tremplin de la victoire parisienne, il n’y a place que pour la noce et la ripaille.
J’ai bien essayé de m’amuser avec ceux-là qui détiennent les secrets de la fête, mais je n’ai trouvé qu’une série de femmes vulgaires et bêtes dansant au bras d’une série de rastaquouères civils ou militaires, ils se valent bien. Un phonographe nasillait des tangos plus périmés que la paix elle-même, et les dandinements compassés et austères de ces couples me donnaient envie de pleurer, de fuir à la campagne, de mordre dans la terre comme une vieille bête!
Je n’aime donc rien de ce qui réjouit les autres. Car le cinéma ne me séduit que par son obscurité et l’invite au voyage qu’offre l’écran entre les fils d’une absurde intrigue.[…]
Mireille Harvet – journal 1918-1919
15 décembre 2025
J'ai toujours rêvé le prétexte sur lequel m'appuyer pour justifier, aux yeux des autres, cette tristesse qui me suit comme mon ombre... Mais je n'ai jamais rêvé de guerre...
C.D - Journal de mes petits riens
