12 janvier 1896
Maman ne veut pas que j’aille à la messe. C’est mal à elle
Dimanche 12 janvier 1896
Voilà bien longtemps que je n’ai écrit ! Le jour de l’an a passé, toute cette semaine horripilante de lettres à écrire et de gens à féliciter. J’ai encore quelques lettres en retard, je vais les liquider aujourd’hui. Le goût des timbres m’a passé. Je suis bien inconstante, excepté dans mes affections, je l’espère, du moins. Ce matin j’étais prête pour aller à la messe, je n’avais plus qu’à mettre ma jaquette et mon chapeau. Maman n’a pas voulu attendre une demi-minute, et est partie avec Jean, me plantant là. C’est un peu fort ! […]
Catherine Pozzi – journal de jeunesse
12 janvier 1979 – 21, première Avenue, appartement 18, New York
[…]
Je suis intrigué par la fonction que les gens donnent à l’art dans leur vie. Et en tant que créateur et fournisseur de leur art, il est nécessaire que je m’intéresse à leurs vies autant qu’à la mienne. Tout dépend sans doute de ce que l’on pense être la fonction de « l’art » dans notre société. Si on ne s’intéresse pas à l’interaction entre le public et son art, alors il n’y a pas besoin de s’intéresser au public, Je cherche sans vraiment y arriver à trouver un équilibre entre faire ce que je pense être important, personnellement, et ce que je pense être important pour pouvoir rester en contact avec le public, ou alors je me demande si le public comprend son propre besoin d’art ou même s’il donne une fonction à l’art dans la vie.
Je pense que l’art est un élément nécessaire de notre environnement, de notre société.
C’est une idée, un mode de vie, une façon de voir et d’être, une attitude envers la vie, un respect et un sens de l’ordre. Les tentatives physiques pour communiquer cette idée produisent ce que l’on appelle « art ».
Mes efforts ne sont que les témoignages de mon existence, de ma confrontation au temps et à l’espace. Ce qu’ils produisent n’est qu’un produit et ne renvoie qu’à l’idée. Le produit n’est pas l’idée. L’idée est l’idée.
Ma création obsessionnelle d’images et d’objets m’a amené à réaliser de nombreuses variations. Récemment. J’ai commencé à disséquer mes peintures pour en extraire des formes essentielles, intéressantes en elles-mêmes. Travailler avec des formes, physiques ou peintes, me permet d’explorer leurs caractère et symbolisme en profondeur. Comprendre les formes. Explorer la structure. Des variations sur une idée.
Hier soir, j’ai recouvert trois peintures accrochées dans ma chambre d’encre noire. Toute la surface est devenue noire, mais sous l’encre, on devine que beaucoup de choses se passent. J’ai trouvé cela très intéressant et aussi libérateur en un sens.
Enfin un effort pour m’écarter de mon penchant naturel pour l’évidence.[…]
Keith Haring – journal
12 janvier 2026
C'est étrange le rapport qu'on a à notre image par l'intermédiaire des photos... Deux photos de trente ans d'écart... je ne me reconnais ni dans l'une ni dans l'autre... la récente, sous forme de déni... l'ancienne, parce que... auréolée d'incrédulité... une façon d'appréhender le temps qui passe...
C.D - journal de mes petits riens
