Mercredi 5 mars.(1958)
Hier Harper’s a accepté avec enthousiasme deux poèmes de Ted, «Of Cats» et «Relic» — pas encore un seul rejet dans les trois dernières four-nées. Espérons que The Yale Review et The London Magazine ne vont pas regimber. Étrange tout ce plaisir par procuration que j’ai lorsque les textes de Ted sont acceptés, c’est une joie sans mélange, presque comme s’il maintenait le champ ouvert en ayant le pied dans la porte qui donne sur le monde splendide, et gardait ainsi une place pour moi.
Mon but : avoir terminé fin mars mes poèmes sur l’art – de un à trois (Gauguin, Klee et Rousseau). Je vais enfin passer du temps dans la « bibliothèque des Beaux-Arts». Je sens mon esprit, mon imagination donner des coups de coude, fureter et scruter, bourgeonner. La vieille dame millionnaire anonyme que j’ai vue ce matin sortir de l’affreuse maison d’à côté, carrée, en stuc orangé, et descendre le chemin en boitant et s’aidant d’une béquille, pour rejoindre la limousine noire étincelante, le long du trottoir, dont le moteur tournait, oh si doucement; chargée, voûtée sous le poids d’un volumineux manteau de vison brillant, se courbant pour entrer à l’arrière de la voiture, dont le chauffeur aux formes rebondies, teint rose et cheveux blancs, lui tenait la portière ouverte. La dame voûtée, accablée sous son vison. Curieux, mon esprit court voir dans la fente de la porte par où elle vient de sortir : d’où vient-elle, qui est-elle? De quels amours et chagrins sont faites les perles du chapelet qui égrène ses heures? Demander au jardinier, à la cuisinière, à la femme de chambre, tous ces domestiques un peu brusques, utiles pour maintenir un rituel gracieux dans une maison sans grâce, aux pièces vides, déserte. …Sylvia Plath – journaux
5 mars 2025
Je ne l’avais pas revu depuis une vingtaine d’années, mais le Ponte Vecchio n’a jamais si bien porté son nom qu’aujourd’hui.
On a beau savoir qu’il y en a toujours un qui aime plus que l’autre dans les couples, il est bien difficile de savoir lequel, de la truffe ou du pecorino, tire le meilleur profit de leur rencontre.
Je veux que les cendres de mes manuscrits soient dispersées aux quatre coins du monde.Éric Chevillard – l’autofictif enneige le Fuji
5 mars 2026
Période blanche de lecture... et le puzzle n'avance pas... et l'écriture est laborieuse... je décline la forme négative de tous les verbes d'action qui d'habitude me plaisent... une lourdeur s'est installée qui me paralyse... et lourdeur n'est pas un vain mot puisque j'ai réellement pris du poids... qui, comparé à celui que prennent les événements, n'est que peccadille...
C.D - journal de mes petits riens
