janvier 1976.
Indispensable de résister à la théorisation. Si un artiste est un théoricien, son art sera au service de sa théorie ; il existera pour la démontrer. […] Indispensable de canaliser dans son art tout ce qui est sérieux dans sa vie. La vie peut être assez ludique, accidentelle à tous points de vue. Elle devrait être la vie… simplement ! L’art, par contre, est une affaire sérieuse.
La nature essentielle de l’artiste – qu’il soit facile ou difficile à vivre – ne devrait pas avoir grand-chose à voir avec l’art lui-même. «Joyce Smith »: le processus de vivre aussi agréablement que possible. « Joyce Carol Oates » : le processus qui existe dans, par et à cause des livres. Aucune raison pour que « Joyce Smith » se sente la moindre obligation envers «Joyce Carol Oates » – la moindre obligation d’être « intellectuelle » ou « mystérieuse» ou « artiste ». Notre vie ne regarde que nous.Joyce Carol Oates – journal
Mercredi 8 janvier (1896)
En ouvrant un journal dans mon lit, je lis qu’hier soir, à la Comédie-Parisienne, la dompteuse de lions, Bob Walter, a frappé et ensanglanté la figure de Lorrain à coups de clef. Je me suis trouvé heureux que ce ne fût pas avant-hier, où j’aurais pu devenir un acteur dans cette scène de brutalité.
Visite de Charpentier, qui m’annonce qu’il abandonne la librairie au mois de juillet, qu’il est fatigué, découragé, désambitionné, qu’il avait tout combiné pour assurer sa succession à son fils dans de bonnes conditions, mais du moment qu’il n’existe plus, il en a assez, et il veut sortir de cet appartement, de cette librairie, où tout lui rappelle son enfant. Il ajoute qu’il n’a plus de cœur à ce métier, où maintenant, pour vivre, il faut faire des économies sur l’impression, le papier, l’encre, et fabriquer des volumes avec beaucoup de mauvaises images.
Il est encore la, lorsque arrivent Ajalbert et sa jolie femme, […]Edmond et Jules de Goncourt – journal
8 janvier 2026
Ce puzzle de 1500 pièces que j'ai entrepris en début de mois, n'avance guère... et il commence à envahir ma vision du réel... où je remarque le moindre détail... où je divise l'espace en pièces ... pour aiguiser mon regard... ça devait être symboliquement un acte de rassemblement de fragments épars d'une même personne, moi... en fait c'est un acte de division du réel... ça me fait le même effet que lorsque je fréquente trop longtemps un personnage de fiction que j'ai créé... je vois la réalité à travers un prisme... celui du découpage pour le puzzle... celui du regard du personnage pour l'écrit...
C.D - journal de mes petits riens
