
MES MEILLEURS VŒUX POUR QUE VOUS PASSIEZ

MES MEILLEURS VŒUX POUR QUE VOUS PASSIEZ
Mardi 27 septembre 1977.
Ahmet Ertegun a appelé pour m’inviter à un dîner en l’honneur de Pelé, le soir même. J’ai passé le restant de la journée à appeler des gens pour m’accompagner, mais personne ne voulait venir. Déposé Vincent et Catherine (taxi: $4). Me suis changé, taxi jusqu’au Plaza ($2). Rencontré HowardAndy Warhol – journal
Samedi 27 septembre 1958
[…] Nous sommes restés dedans à écrire, à stabiliser notre moi désaxé. J’ai diagnostiqué ma maladie, et Ted aussi : j’ai le cafard. Du coup, je me sens mieux, comme si je pouvais à présent commencer à faire face. Tel un soldat démobilisé, je suis coupée de plus de vingt années d’éducation et de stabilité, et lâchée dans la vie civile, où jusqu’à présent je ne sais que trop faire de moi-même […]
Sylvia Plath – journaux
27 septembre 2027
Retour au bercail après une semaine à être toute en retenues. Besoin de retrouver ce rythme intime qui scande ma vie quand je suis seule. L'alternance être avec les autres / être seule m'est indispensable. En vieillissant les phases de l'alternance se raccourcissent.
C.D
Lundi 19 septembre 1989
6h00 : j’arrive à Paris et dois attendre une heure pour prendre ma correspondance pour Milan. Je suis assis en face de la « boîte à dons » que j’ai créée pour les aéroports de Paris. La chose est bien faite et fait bel effet dans l’aéroport. L’argent collecté est censé aller à une association française en faveur des enfants. Je remarque plusieurs personnes qui s’arrêtent et lisent les indications sur la boîte, mais je n’ ai vu personne y déposer de l’argent. Peut-être qu’il est trop tôt pour être généreux.
Je prends l’avion pour Milan. Il est rempli d’hommes d’affaires français. Je crois que je ne me ferai jamais à ces gens-là. Ils (les hommes d’affaires) me font l’effet de sous-hommes. Je suis en train de lire le chapitre consacré à Sun City, la communauté de retraités, dans Cities on a Hill. C’est intéressant de voir que la vieillesse est un phénomène relativement « nouveau », que ma génération considère totalement normal. La génération de personnes qui aujourd’hui atteignent un âge avancé est l’une des toutes premières de l’histoire. Grâce aux progrès de la médecine, etc. Le livre mentionne les espérances de vie aux XVIII, XIX et XXème siècles, et en lisant cela, je n’arrête pas de penser à la mort. Peut-être finalement que ce n’est pas aussi « injuste » que je le crois.
Il y a beaucoup de gens, à plusieurs moments de l’histoire, qui n’ont vécu que jusqu’à 30 ou 40 ans. Si j’étais né en d’autres temps et d’autres lieux, peut-être que je serais mort à la guerre ou au cours d’un autre désastre. Le SIDA est la nouvelle peste. Pourquoi devrais-je être épargné ?…Keith Haring
Vendredi 19 septembre 1873
Je conserve partout ma bonne humeur ; il ne faut pas s’attrister par des regrets.
La vie est si courte, il faut rire autant qu’on peut. Les pleurs viennent eux-mêmes, on peut les éviter. Il y a des chagrins qu’on ne peut fuir; c’est la mort et la séparation, et même cette dernière est aimable, tant qu’on espère. Mais pour se gâter la vie avec les petites misères, fi donc ! Je ne fais aucun cas des petites bagatelles ; comme j’ai horreur des petits ennuis de chaque jour, je les passe en riant.Marie Bashkirtseff – journal (1873-1877)
19 septembre 2025
Eblouie par le soleil matinal. ça donne la pêche ! La journée qui s'annonce, s'annonce pleine de petits ennuis quotidiens... je veux dire le ménage, les courses et le planning pour la semaine prochaine... Elle fait partie de ces journées qui glissent et disparaissent dans le passé sans laisser de traces... Le verre à moitié plein est qu'il n'y a pas de traces négatives...
C.D
Jeudi 18 septembre 1958.
Beaucoup plus heureuse aujourd’hui — et pourquoi ? La vie commence à aller bien d’elle-même, dans les petits détails, et une étrange impulsion apporte un flot de joie, de vie — les gens bizarres chez le tatoueur, gentils et légèrement sinistres. Et puis, bien que je me sois levée tard, vers 9 heures, par un jour gris et humide, avec le sentiment de malaise habituel du matin («que vais-je faire aujourd’hui qui vaille la peine?»), je me suis mise au travail tout de suite après ma tasse de café, et j’ai écrit cinq pages d’analyse sur P. D.’, avec une ou deux phrases bien tournées. Ensuite je me suis mise à relire ma nouvelle de «Bird in the House», qui était si mauvaise et pesante que j’ai eu le sentiment de pouvoir l’améliorer. J’en ai retravaillé cinq pages avec grand soin, et me sentais mieux au déjeuner. Bon courrier, en dépit d’une lettre revêche de Weeks ? refusant mon «Snakecharmer» (mais il se disait « ensorcelé par la sinuosité», etc.), car Ted a reçu un merveilleux chèque de cent cinquante dollars pour « Dick Straightup », ce qui, avec le prix pour « Thought-Fox », fait environ mille dollars touchés en septembre…
Sylvia Plath – journaux 1950-1962
18 septembre 1912
Les histoires que racontait H. hier au bureau. Le tailleur de pierres qui lui a mendié une grenouille sur la route ; il l’a tenue solidement par les pattes et l’a avalée en trois coups de dents, un pour la petite tête, un pour le tronc, un pour les pattes. — La meilleure méthode pour tuer les chats qui ont la vie dure : on leur écrase le cou dans une porte fermée et on tire sur la queue. – Sa répulsion pour la vermine. Une nuit, étant soldat, quelque chose le gratte sous le nez, il y porte la main tout en dormant et écrase quelque chose. Mais ce quelque chose était une punaise et il en garde la puanteur sur lui pendant plusieurs jours.
Quatre hommes mangeaient un rôti de chat délicatement préparé, mais trois d’entre eux seulement savaient ce qu’ils mangeaient. Après le repas, ils se mirent à miauler, mais le quatrième ne voulut pas le croire, il ne le crut que lorsqu’on lui montra la peau sanglante du chat, il ne put pas courir assez vite pour aller rendre dehors tout ce qu’il avait mangé et fut malade pendant deux semaines.
Ce tailleur de pierres ne mangeait que du pain accompagné des fruits ou de la chair vivante qui pouvaient lui échoir par hasard, et ne buvait que de l’eau-de-vie. Il dormait dans le hangar d’une tuilerie. Un jour, H. le rencontre dans les champs: « Reste où tu es, dit l’homme, sans quoi… » H. s’arrrêta pour plaisanter. « Donne-moi ta cigarette », dit l’homme, H. la lui donna. « Donne-m’ en une autre ! — Ah, tu en veux une autre ? » demanda H. et, tenant son gourdin de la main gauche pour parer à toute éventualité, il lui donna dans la figure un coup qui fit tomber sa cigarette. Faible et lâche comme le sont ces buveurs d’alcool, l’homme prit aussitôt la fuite
Franz Kafka – journal
18 septembre 2025
Jour gris, maussade. Jour de manifestations. Où sont passées les convictions qui nous portaient pour aller manifester notre désir de virer les injustices ? La rage monte dans les cœurs quand voter ne sert à rien, manifester, à pas grand chose... que reste-t-il? Je crains la réponse...

Quatre ans sont passés. Passés discrètement... Une eau de source qui traverse un lac de silence et qui maintenant reprend le chemin des mots... et des images