Samedi 11 novembre 1911
[…]
Je vais tenter de dresser peu à peu une liste de toutes les choses qui sont certaines en moi, plus tard viendront celles qui sont dignes de foi, puis celles qui sont possibles, etc.
Ce qui est certain, c’est mon avidité pour les livres. Je ne veux point tant les posséder ou les lire que les voir, que me convaincre de leur existence dans la vitrine d’un libraire.
S’il se trouve quelque part plusieurs exemplaires d’un même livre, chacun d’eux me ravit. C’est comme si cette avidité partait de l’estomac, comme si elle était un appétit dévoyé. Les livres que je possède me donnent moins de joie que les autres, ceux de mes sœurs, en revanche, me font déjà plaisir. L’envie de les posséder est un désir incomparablement plus faible, elle est presque absente.Franz Kafka – journal
11 novembre au-matin. (1941)
En apparence, bien des semaines ont passé et j’ai vécu un nombre incalculable de choses – et pourtant me revoilà devant le même problème: ce besoin, cette fantaisie ou cette chimère (comme on voudra) de vouloir posséder un seul être pour toute une vie, il faut absolument le réduire en miettes. Ce désir d’absolu, il faut le pulvériser. Et ce ne sera pas un appauvrissement de l’être, mais justement un enrichissement. Une promesse, de subtilité, de nuances. Accepter dans les liaisons un commencement et une fin, y voir un fait positif et non une raison de tristesse. Ne pas vouloir s’approprier l’autre, ce qui ne revient d’ailleurs pas à renoncer à lui. Lui laisser une liberté totale, ce qui n’implique nulle résignation. Je commence à discerner maintenant la nature de ma passion dans mes relations avec Max. C’était le désespoir de sentir l’autre finalement inaccessible qui me portait au comble de l’excitation. Mais je voulais atteindre l’autre de façon probablement erronée. Trop absolue. Et l’absolu n’existe pas. La vie et les rapports humains sont nuancés à l’infini, il n’y a jamais rien d’absolu ou d’objectivement vrai – je le sais, mais encore faut-il que ce savoir vous entre dans le sang, dans la chair et pas seulement dans la tête, il faut le vivre. J’y reviens toujours, et il n’est pas trop d’une vie pour s’y entraîner : la vie telle qu’on l’accepte dans sa philosophie personnelle, on doit la vivre aussi dans son affectivité ; c’est sans doute le seul moyen d’arriver à un sentiment d’harmonie.
Etty Hillesum – Une vie bouleversée
11 novembre 2025
Il faudrait ajouter le 11 novembre 1973... Ô combien important ! Mon premier enfant !... ... ...! Et aujourd'hui, c'est donc la fête de son anniversaire... Les commémorations historiques du 11 novembre sont loin...
C.D - journal de mes petits riens
