23 novembre (1977)
Soirée sinistre à Gabès (vent, nuages noirs, bungalows lamentables, spectacle folklorique dans le bar de l’hôtel Chems) : je ne puis plus me réfugier en pensée nulle part : ni à Paris, ni en voyage. Je n’ai plus de refuge.
Roland Barthes – journal du deuil
Mardi 23 novembre 1926
Je refais chaque jour environ six pages de La Promenade au phare. Ce n’est pas aussi rapide que Mrs. Dalloway je crois, mais je trouve que par endroits ce n’est qu’esquissé, et il me faut improviser à la machine. Je trouve ce procédé plus rapide que de récrire à la main.
Pour l’instant, j’estime que c’est de loin de meilleur de mes livres. Plus nourri que La Chambre de Jacob, et moins spasmodique; renfermant plus de choses intéressantes que Mrs. Dalloway et allégé de cet accompagnement désespéré de la folie. C’est plus dégagé et plus subtil je crois. Cependant je n’ai pas encore la moindre idée du livre qui va suivre, ce qui prouve peut-être que ma méthode est parfaitement au point et qu’elle va demeurer dans cet état, prête pour tel usage auquel il me plaira de la soumettre. Deja, un certain développement de cette méthode m’avait mise en présence de sujets nouveaux, parce que je voyais la possibilité de les exprimer. Mais, de temps en temps, je suis hantée par la vie très profonde et à moitié mystique d’une femme. Cela, je le raconterai un jour. Le temps sera complètement effacé et le futur fleurira en quelque sorte du passé. Un rien, la chute d’une fleur, pourrait le contenir. Ma théorie étant que l’événement en soi n’existe pour ainsi dire pas, pas plus que le temps. Mais je ne veux pas insister là-dessus. Il faut d’abord que je prépare mon livre de « séries ».Virginia Woolf – journal d’un écrivain
23 novembre 2025
Le pantoum. Nous avons écrit un pantoum dont le thème était l'image. C'est une forme de poème très plaisante à écrire... et le thème m'a plongée dans la mélancolie... une douce mélancolie liée à la nostalgie...
C.D - journal de mes petits riens
