Auteur : claudinedozoul76

  • Acté

    Le fait que rétrécissent les heures, les minutes, les secondes, plus le temps d’un battement d’ailes, plus le temps d’ouvrir les yeux, le fait que c’est douloureux ces paupières qui se relèvent, les pupilles dilatées par l’ombre qui tombe sans préavis, le fait que le spectacle n’est plus le même, plus le temps de voir ton corps, offrande à la musique d’un tango à deux, le fait que rétrécissent les gestes, l’amplitude apeurée, la fluidité brisée, rap, reggae, reviens, le fait que tout est pressé, pressuré, écrasé, écrabouillé, purée aux senteurs de madeleine, le fait que, le fait que tu, ne pas dire tu en m’adressant à toi, le fait que tu, que toi, des mots plus faits pour toi, le fait que toi tu n’es plus, plus de corps, le fait que le soleil se couche allongé sur la mer que tu as parcourue, avec moi, le fait que les heures, les minutes, les secondes, les nanosecondes, tout ce temps, tout ce temps, le fait que la pierre est de marbre rose et la terre d’argile, le fait que le tricot n’est pas fini, il fait froid, une maille à l’endroit, une maille à l’envers, le fait qu’il n’y a pas d’envers, pile ou face, ça n’est pas un jeu, le fait que de l’autre côté du globe une femme se relève, le fait que tout se brise sous la tempête, dans les entrailles, au fond des mots, tout se noie sous le tsunami, les bouches, les nez, les poumons, les cerveaux, délires, ires des dés, haïr le hasard, le fait qu’elle ne croit plus en Dieu, Dieu est un homme qui blesse les femmes, coups, lésions, mutilations, entailles, morsures, brûlures, viols, vexations, le fait est qu’elle se redresse, fuir, manger, dormir, fuir, la peur partout, la peur comme moteur des sociétés, la peur je n’ai plus peur, le fait que rétrécisse la place du dernier acte, le rideau se lève, tu as tiré la révérence à la première scène, les trois coups, j’en ai pris un en pleine gueule, c’est fini, les paupières fermées, le corps immobile qui n’attend plus, plus dans le canapé, plus dans le lit, plus dans le nid, fantôme de mes émotions, le fait que quelque part une femme écrit, lettres d’amour, lettres de désespoir, depuis la prison, depuis la maison, depuis le bateau, lettre à la mer, jetée dans un océan plastifié, lettres sans réponses.

  • Jeudi 30 septembre

    Jeudi 30 septembre

    Du bleu en goguette

    Et du vert échevelé

    Within and without

  • Mercredi 29 septembre

    Mercredi 29 septembre

    Lumière saisie

    Rayons échappés du ciel

    Eau rose en surface

  • Mardi 28 septembre

    Mardi 28 septembre

    Lumière normande

    Livide – le ciel et l’eau

    Premières froidures

  • Lundi 27 septembre

    Lundi 27 septembre

    Tourmente d’automne

    Un bateau exténué

    De tant de combats

  • Samedi 25 septembre

    Samedi 25 septembre

    Les buissons se mirent

    Une araignée a tissé

    Un rideau de perles

  • Visage

    C’est une femme d’un certain âge. Enfin… peut-être. La pupille légèrement dilatée par les médicaments n’en dit rien, ni l’iris couleur vert d’eau, ni le frémissement des ailes du nez quand un compliment chatouille sa modestie. Elle a les joues d’une infinie douceur qui n’a d’égale que sa voix au timbre chaleureux, de petites oreilles aux lobes percés et des lèvres qui ourlent en rouge grenat une grande bouche rieuse. Elle s’appellerait… ou plutôt elle ne s’appellerait pas. Elle serait toi

  • Jeudi 23 septembre

    Jeudi 23 septembre

    10:00

    Lointain effacé

    Au-dessus de l’eau, la brume

    Fraîcheur matinale

  • Mercredi 22 septembre

    Mercredi 22 septembre

    9:45

    Un train siffle au loin

    Le brouillard s’est éclipsé

    Équinoxe bleu

  • Mardi 21 septembre

    Mardi 21 septembre

    9:10

    Dernier jour d’été

    Le beau temps en bandoulière

    L’eau comme un miroir