24 septembre 1977.
[…] Succession de jours pluvieux, lugubres. Inhabituel pour cette époque de l’année. Je lis The Sacred and Profane Love Machine (Amour sacré, amour profane] sans l’enthousiasme que j’espérais… il ne me semble pas aussi attachant que A Word Child (Un Enfant du verbe)’. Une erreur de l’enseigner, je suppose ; mais trop tard ; j’en tirerai le meilleur parti possible.
Les gens qui réussissent ont tendance à confondre leur image, leur persona, avec leur véritable moi. Un fait dont on doit constamment se souvenir. Lorsque je suis «Joyce Carol Oates» ou « Joyce Smith» en public, je ne suis pas la personne que je suis maintenant, ou chez moi, ou en privé; et l’on ne devrait éprouver aucun malaise de ce clivage – s’il faut lui donner ce nom.
Réactions et émotions spontanées sont parfaitement acceptables à condition de ne pas être égoïstes et de ne pas blesser les autres. Le moi est protégé par la persona, mais la persona protège aussi les autres contre ce moi […]Joyce Carol Oates –
Samedi 24 septembre 1988
Parfois, lorsque j’écris, j’ai ce geste du pouce frottant les doigts, comme si je pouvais toucher le texte.
Geste qui fait venir la musique. L’autre main tient le stylo, et accouche de cela. C’est peut-être pour cette raison que je ne peux écrire à la machine. Sur la page se révèle un mélange entre ma vie et l’obsédante nécessité qui exige de naître, non pas seulement pour refléter, mais pour exister.
Vous qui me lisez maintenant, aimez-vous votre vie? Assez pour prendre un bouquin, le soir avant de vous coucher, ou dans un bon vieux fauteuil l’après-midi, peut-être dans le train ou le métro, mais là, ça tient du rêve pour moi. Je ne pense pas être un écrivain pour le métro, l’auteur d’un livre qu’on ne peut abandonner. Ou alors si. On aurait dit que vous n’auriez pas une seconde à vous, et que vous liriez dans le bus ou le taxi ce Journal d’un type qui a tout le temps d’écrire ce qui lui passe par la tête, et quelquefois de faire l’amour l’après-midi...Philippe Delerm – journal d’un homme heureux
24 septembre 2025
Discussion autour des mots scientifiques et leur utilisation littéraire. Leur esthétique sonore d'autant plus mise en avant qu'ils sont inusités...
C.D

