Mardi 4 octobre 1988
Je me suis levé ce matin en pensant que la journée allait être bonne. Je crois que je me coucherai ce soir en me disant que je suis le plus heureux des hommes.
Comment ne pas frissonner un peu à cette idée ?
Je suis riche, incommensurablement riche de ce qui manque à presque tout le monde : le temps. Une notion bien relative, évidemment. Hier après-midi, M. et Mme Brouard, nos adorables vieux voisins du temps de la rue Jules-Prior, sont passés pour nous donner des boutures, faire un peu la causette. En nous quittant, vers quatre heures, M. Brouard a dit :
– Faut que j’sort’ les poubelles.
Je n’ai pu m’empêcher de penser qu’il était aussi pauvre de son temps libre que j’étais riche du mien.
L’âge y est pour beaucoup, je crois. Pour les plus anciens, le temps libre devient souvent dilution des tâches, étirement à l’infini de ce qu’il y a de moins intéressant. Peut-être l’importance donnée aux contraintes matérielles est-elle le meilleur baume pour calmer les inquiétudes ?Philippe Delerm – journal d’un homme heureux
4 octobre 1939
Je suis l’une des rares à pouvoir dire aujourd’hui que j’ai goûté chaque journée comme si l’être aimé allait mourir. J’ai toujours aimé me donner tout entière à chaque heure vécue, en pardonnant tout. La guerre a incité les gens à aimer de cette manière : donner le plus possible, car la mort est à la porte.
Moi seule n’ai pas changé. J’ai toujours agi comme si chaque instant devait être le dernier. Jamais négligente, jamais insouciante, inattentive, absente ou endormie.Anaïs Nin – journal de l’amour
4 octobre 2025
Riche de mon temps j'en ai profité pour dormir plus que de raison... et maintenant... un jour comme les autres.. à fuir le froid dans la chaleur des amitiés, à m'atteler aux tâches que je me suis imposées pour fréquenter quotidiennement l'écriture et la lecture, à faire ma petite fée du logis (ce que j'aime le moins) et à glandouiller (indispensable à une respiration équilibrée)
C.D
