Lundi 3 octobre 1927
J’écris dans la sordide atmosphère d’asile de nuit d’un départ imminent. Pinker dort sur une chaise. Leonard signe des chèques, assis à la petite table de bois blanc sous la lumière crue de la lampe. Le feu est couvert de cendres car il a brûlé toute la journée, et Mrs. B. ne le nettoie jamais. Des enveloppes jonchent le devant de la cheminée et j’écris avec une plume molle et usée.
Dehors, il doit faire une belle soirée froide, avec un coucher de soleil.
Nous sommes allés à Amberley hier avec l’idée d’y acheter une maison. Car c’est un endroit merveilleux, un endroit étonnant, oublié entre des prairies grasses et des collines. Que nous sommes donc impulsifs tous les deux, en dépit de notre âge !
Mais nous ne sommes tout de même pas aussi âgés que Mrs. Gray qui est venue nous remercier pour les pommes. Elle ne demande jamais à en acheter, ce qui aurait l’air de mendier, car nous n’acceptons pas d’argent. Son visage est tout hachuré de rides qui tracent sur elle de véritables cicatrices. Elle a quatre-vingt-six ans et ne se souvient pas d’avoir jamais vu un tel été.
Dans sa jeunesse il faisait déjà si chaud en avril qu’ils ne pouvaient supporter un drap sur leur corps. Sa jeunesse doit se situer à peu près à la même époque que celle de mon père. J’ai calculé qu’elle a neuf ans de moins, puisqu’elle est née en 1841. Qu’a-t-elle vu de l’ère victorienne, je me le demande.Virginia Woolf – journal d’un écrivain
Jeudi 3 octobre 1985.
Ohhh, pourquoi faut-il vieillir ? L’article à cause duquel Frank Sinatra fait un procès à l’Enquirer disait que lorsqu’il se lève le matin, il a tellement peur de vieillir qu’il demande à sa femme, Barbara: « Comment je suis, aujourd »hui ? »
Oh, Frankie. Je me souviens de la fois où j’ai marché jusqu’à Pittsburgh pour le voir, pour voir pourquoi toutes les nanas tombaient dans les pommes. Aucune nana n’était tombée dans les pommes, là-bas. A l’intérieur, j’avais rencontré un type et on s’était mis d’accord pour aller le voir chanter avec Tommy Dorsey.
C’est l’un des premiers trucs que j’avais fait tout seul, aller en ville pour le voir.
|…]Andy Warhol – journal
3 octobre 2025
Dans mon agenda, cette semaine, une citation tirée des Entretiens de Confucius (Les Deux arbres de la voie):
On peut vivre heureux en se nourrissant de légumes, s'abreuvant d'eau claire et n'ayant que son bras replié pour oreiller. Tandis que bien mal acquis sont, pour moi, nuages vagabonds.
Wow ! Je ne suis pas sage !
C.D

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