30 septembre 1942.
Rester fidèle à tout ce que l’on a entrepris dans un moment d’enthousiasme spontané, trop spontané peut-être.
Rester fidèle à toute pensée, à tout sentiment qui a commencé à germer.
Rester fidèle, au sens le plus universel du mot, fidèle à soi-même, fidèle à Dieu, fidèle à ce que l’on considère comme ses meilleurs moments.
Et, là où l’on est, être présent à cent pour cent. Mon « faire » consistera à « être ». Or il est un point où ma fidélité doit se fortifier, où j’ai failli plus qu’ailleurs à mes devoirs : c’est celui de ce qu’il me faut bien appeler mon talent créateur, si mince soit-il. Quoi qu’il en soit, il y a tant de choses qui attendent d’être dites et écrites par moi.
Il serait temps que je m’y mette […]Etty Hillesum – une vie bouleversée
30 septembre 1941
Je comprends, pour la partager, la propension à l’avarice des vieillards, et ne me pardonnerai le coûteux confort de l’excellent hôtel Adriatic, où je me suis tout de même décidé à descendre, que si je parviens à y travailler. Du temps de ma jeunesse, pressé par un démon peu difficile, j’œuvrais n’importe comment, n’importe où. Aujourd’hui, ce démon fait entendre des exigences. Pour me retenir devant ma table, il faut aussi que la chambre me plaise.
Mais j’ai trop vu de miséreux ces temps derniers, pour ne point me dire sans cesse que la part de ce confort que je m’accorde leur serait luxe; pour ne pas me demander sans cesse si le travail que ce confort va me permettre mérite que je consente à ces frais.André Gide – journal tome 2
30 septembre 2025
Dernier jour de septembre et j'ai tenu ce journal quotidiennement jusque là. C'était le premier challenge : un mois. Le prochain challenge est un trimestre, donc jusqu'à la fin de l'année.
C.D

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