25 septembre 1888
Si sua bona norint.
Que les hommes sont aveugles ! Pendant le jour ils déplorent que le corps retienne la pauvre âme prisonnière et ne lui permette pas d’aller où l’appelle le désir.
Pendant la nuit, quand leur corps assoupi abandonne la petite âme qu’il recèle, celle-ci vole vite près de ce qu’elle aime; aucun obstacle maintenant ne l’arrête, mais il leur semble si étrange que l’âme puisse agir seule, qu’ils crient plutôt « à l’impossible» et appellent cela « rêver ».
Quand le matin ils se réveillent, ils disent: « Ah! j’ai fait un beau rêve, s’il pouvait seulement s’accomplir » ; puis ils se désolent en pensant que le bonheur entrevu, ils ne pourront jamais l’atteindre; alors ils discutent quels fils ténus peuvent retenir la pauvre âme captive et s’il ne vaudrait pas mieux briser ces fils en tuant le corps que de traîner toujours ce boulet encombrant.
Mais ils ont peur de tuer aussi l’âme, les insensés ! Alors ils restent, possèdent chaque nuit leur bonheur, chaque jour pleurant de ne pouvoir s’en emparer.André Gide – journal
Mercredi 25 septembre 1929
Hier matin j’ai cherché un autre début pour Les Éphémères. Mais ce ne sera pas le titre. Et plusieurs problèmes réclament une prompte solution. Qui pense cela ? Et suis-je extérieure au penseur ? Il faut un plan qui ne soit pas une simple astuce.Virginia Woolf – journal
25 septembre 2025
Dans un récit, faut-il nécessairement travailler le réalisme ou/et la poésie pour créer du fantastique ? L'absurde peut-il être fantastique ? C'est un sujet que j'ai envi de creuser...
C.D

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