Jeudi 18 septembre 1958.
Beaucoup plus heureuse aujourd’hui — et pourquoi ? La vie commence à aller bien d’elle-même, dans les petits détails, et une étrange impulsion apporte un flot de joie, de vie — les gens bizarres chez le tatoueur, gentils et légèrement sinistres. Et puis, bien que je me sois levée tard, vers 9 heures, par un jour gris et humide, avec le sentiment de malaise habituel du matin («que vais-je faire aujourd’hui qui vaille la peine?»), je me suis mise au travail tout de suite après ma tasse de café, et j’ai écrit cinq pages d’analyse sur P. D.’, avec une ou deux phrases bien tournées. Ensuite je me suis mise à relire ma nouvelle de «Bird in the House», qui était si mauvaise et pesante que j’ai eu le sentiment de pouvoir l’améliorer. J’en ai retravaillé cinq pages avec grand soin, et me sentais mieux au déjeuner. Bon courrier, en dépit d’une lettre revêche de Weeks ? refusant mon «Snakecharmer» (mais il se disait « ensorcelé par la sinuosité», etc.), car Ted a reçu un merveilleux chèque de cent cinquante dollars pour « Dick Straightup », ce qui, avec le prix pour « Thought-Fox », fait environ mille dollars touchés en septembre…
Sylvia Plath – journaux 1950-1962
18 septembre 1912
Les histoires que racontait H. hier au bureau. Le tailleur de pierres qui lui a mendié une grenouille sur la route ; il l’a tenue solidement par les pattes et l’a avalée en trois coups de dents, un pour la petite tête, un pour le tronc, un pour les pattes. — La meilleure méthode pour tuer les chats qui ont la vie dure : on leur écrase le cou dans une porte fermée et on tire sur la queue. – Sa répulsion pour la vermine. Une nuit, étant soldat, quelque chose le gratte sous le nez, il y porte la main tout en dormant et écrase quelque chose. Mais ce quelque chose était une punaise et il en garde la puanteur sur lui pendant plusieurs jours.
Quatre hommes mangeaient un rôti de chat délicatement préparé, mais trois d’entre eux seulement savaient ce qu’ils mangeaient. Après le repas, ils se mirent à miauler, mais le quatrième ne voulut pas le croire, il ne le crut que lorsqu’on lui montra la peau sanglante du chat, il ne put pas courir assez vite pour aller rendre dehors tout ce qu’il avait mangé et fut malade pendant deux semaines.
Ce tailleur de pierres ne mangeait que du pain accompagné des fruits ou de la chair vivante qui pouvaient lui échoir par hasard, et ne buvait que de l’eau-de-vie. Il dormait dans le hangar d’une tuilerie. Un jour, H. le rencontre dans les champs: « Reste où tu es, dit l’homme, sans quoi… » H. s’arrrêta pour plaisanter. « Donne-moi ta cigarette », dit l’homme, H. la lui donna. « Donne-m’ en une autre ! — Ah, tu en veux une autre ? » demanda H. et, tenant son gourdin de la main gauche pour parer à toute éventualité, il lui donna dans la figure un coup qui fit tomber sa cigarette. Faible et lâche comme le sont ces buveurs d’alcool, l’homme prit aussitôt la fuite
Franz Kafka – journal
18 septembre 2025
Jour gris, maussade. Jour de manifestations. Où sont passées les convictions qui nous portaient pour aller manifester notre désir de virer les injustices ? La rage monte dans les cœurs quand voter ne sert à rien, manifester, à pas grand chose... que reste-t-il? Je crains la réponse...

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