Mardi 15 septembre 1942, 10 heures et demie du matin.
Au total, cela a peut-être fait un peu trop de choses, mon Dieu. Un être humain a aussi un corps, et le mien se rappelle à moi. J’ai cru mon esprit et mon cœur de force à tout supporter seuls. Mais voilà que mon corps se manifeste et dit : halte-là ! Je sens à présent tout le poids que tu m’as donné à porter, mon Dieu. Tant de beauté et tant d’épreuves. Et toujours, dès que je me montrais prête à les affronter, les épreuves se sont changées en beauté. Et la beauté, la grandeur, se révélaient parfois plus dures à porter que la souffrance, tant elles me subjuguaient. Qu’un simple cœur humain puisse éprouver tant de choses, mon Dieu, tant souffrir et tant aimer ! …Etty Hillesum – Une vie bouleversée
15 septembre 1979
Il y a des matinées si tristes…
Roland Barthes – journal de deuil
15 septembre 2025
Ce matin, aucune tristesse, aucune joie particulière non plus. J'ai du travail. J'organise la journée pour que le temps imparti à chaque tache soit équivalent, non par équité mais pour bien cadrer mon temps et que je puisse avancer sans contrainte supplémentaire. Un temps pour les journaux intimes, un temps pour un atelier d'écriture au Crotoy et un temps pour les cours (un nouveau livre à lire de Khosraw Mani : Rattraper l'horizon). J'aime cette effervescence tranquille.
C.D

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