5 septembre 1893 – Tout de même, un jour, je l’ai vu passer, le bonheur, passer devant moi, à l’horizon, en express.
Comment dire ce qu’il arrive de délicat quand une mouche éclatante se pose sur une fleur ? Les mots sont lourds et s’abattent sur l’image comme des oiseaux de proie.
Je ne m’embête nulle part, car je trouve que, de s’embêter, c’est s’insulter soi-même.
…Jules Renard – journal 1887-1910
5 septembre 1935 – … J’ai trouvé un moyen de déverser tout ce que je sens et pense chaque jour dans un livre qui ne serait pas mon journal.
Mon roman sur mon Père est écrit comme un journal. Bien sûr, tout ne peut pas entrer dedans, mais presque chaque jour, je pense ou je fais quelque chose en rapport avec cette histoire.
Le livre sur mon Père est bon parce que c’est une écriture à chaud. Dans ce roman, je parle de Henry avec plus d’humour, plus de détachement. Henry a été pris de fou rire en lisant la première description que je fais de lui dans le texte et aussi mon décollage sur un joyeux «Tout va bien». J’ai moins de respect, ou moins de naïveté, mais pas moins d’amour. J’écris lentement, à la main, tandis que Henry tape l’histoire de Max!…Anaïs Nin – journal de l’amour
Les premiers jours de septembre fréquentent peu les journaux personnels que j'ai à ma disposition. Et, à y bien regarder, peu d'auteurs ont fait de leur journal un quotidien, même si les jours y sont datés. C'est une astreinte dure à tenir. Je ne suis pas sûre d'y arriver moi-même...
C.D

Laisser un commentaire